Description du navire 
(texte d'Eric Bauthier + extrait de Quinze mois dans l'Antarctique)

Le balenier Patria (collection MRA - E4930)

Le Patria est construit en 1884 à Svelvig en Norvège. Sa coque est garnie, sur toutes les parties exposées aux frottements de glaces, d'un soufflage en planches de Greenheart. L'étrave est renforcée par des bandes de fonte. La proue élancée est taillée de façon à monter sur la glace pour la briser sous son poids. Le navire est transformè depuis l'été 1896 jusqu'en juin 1897, notamment dans les chantiers Christensen de Sandefijord. Des feuilles de plomb, anti-tarret, sont placées sur l'étambot et la partie immergée du gouvernail. Une peinture à base de cuivre est posée sur les oeuvres vives. De nombreux aménagements intérieurs sont également réalisés pour adapter le batiment aux travaux scientifiques.

La Belgica mesure 34,60 mètres de long pour 7,54 mètres de large, il jauge 244 tonneaux. Son creux atteint les 4,09 mètres, son tirant d'eau en pleine charge est de 3,96 et son déplacement, toujours en pleine charge, est de 590 m³. Le navire est grée en trois-mâts barque et est équipé d'une machine de 35 chevaux vapeurs.

Photo : L'étrave du Belgica. (Collection MRA - E4930)

Extrait du livre d'Adrien de Gerlache (Quinze mois dans l'Antarctique)

D'abord cédée à l'Etat belge en échange d'un subside qui permit au chef de l'expédition de solder les derniers     comptes et de donner, en outre, une gratification aux membres du personnel subalterne, la Belgica fut achetée en décembre 1900, par quelques Belges et Norvégiens qui constituèrent une société anonyme pour la grande pêche polaire.

La Belgica continua à naviguer sous le pavillon belge. Elle prenait la mer au commencement de mars de chaque année et, jusqu'à la fin juillet, son équipage se livrait à la chasse au phoques et à la pêche aux hyperoodons aux abords de l'île Jan Mayen, de l'Islande et du Groenland.

En 1903 le bateau pourrit dans le port d'Ostende. Adrien de Gerlache décide donc avec l'aide du duc d'Orléans de le racheter.

En 1905, Louis Philippe Robert Duc d'Orléans affrète la Belgica pour un voyage dans l'océan glacial arctique. Il reussit avec Adrien de Gerlache à dépasser le 78°N et atteint l'Ile de France.

En 1907, Adrien de Gerlache reprend le commandement de la Belgica pour une expédition dans le grand nord sponsorisé à nouveau par le duc d'Orléans. Il part pour les mers de Barentz et de Kara pour y faire des observations océanographiques. Mais arrivé à la Nouvelle Zambie, la Belgica fut prise dans les glaces et dériva de la mer de Kara vers la mer de Barentz sans pouvoir aller plus au nord.

En 1909, la Belgica repart pour la terre François-Joseph dans la mer de Barentz à nouveau.

(La suite de l'histoire a été trouvée ici)

En 1916 la jeune société "Det Norske Spitsbergensyndicat - DNS" qui cherchait un bateau pour assurer le trafic entre le Spitsbergen et le Nord de la Norvège, se décida pour la Belgica et l'acheta le 28 avril. L'achat fut conclu à la condition expresse que le navire soit exclusivement utilisé pour le transport de charbon. Il fut rebaptisé Isfjordb et subit, encore une fois de nombreuses altérations.

En 1940 les troupes britanniques qui avaient débarqué à Harstad réquisitionnèrent la Belgica, y entreposèrent des munitions pour le front de Narvik et allèrent l'ancrer en rade, à deux kilomètres de la ville. Un jour la Belgica y fut repérée par un avion allemand Heinkel 111 qui attaqua le navire. Malgré qu'aucune bombe ne toucha le navire, l'onde de choc de l'une d'elle occasionna de tels dégâts à la coque que l'eau s'y engouffra et le navire coula.

En 1990 des plongeurs d'un club local de plongée sous-marine découvrirent l'épave qui reposait par 22 mètres de profondeur.